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25 January 2010

Kompong Phhluk, au rythme des eaux du Tonlé Sap

Cambodge, lever de soleil sur Kompong Phhluk©Krystel Maurice
Lever de soleil sur Kompong Phhluk, janvier 2010

Perchées à six ou sept mètres au dessus du sol dans un enchevêtrement de bois, deux rangées de maisons, serrées les uns contre les autres, surplombent  le chenal qui conduit au lac Tonle Sap. A la saison des pluies, de juin à novembre, l’eau  affleure les terrasses et c’est en barque que les quelque six cent familles du village se déplacent pour aller d’’un endroit à l’autre.Car si Kompong Phhluk n’est pas un village flottant, il vit  au rythme du lac qui grandit et rétrécit en fonction des saisons.

A la saison sèche, de novembre à avril, le Tonlé Sap se jette dans le Mékong. Mais à la saison des pluies, lorsque les neiges de l’Himalaya gonflent le fleuve, le flux devient trop fort et le courant s’inverse. Un phénomène que l’on dit unique au monde et qui génère un écosystème d’une richesse exceptionnelle.  De 2 700 km², le lac s’étire jusqu’à 12 000 km², multipliant sa superficie par quatre. L’immense étendue d’eau douce couvre alors 7 % du territoire cambodgien. La végétation et les chemins sont immergés, les bateaux se frayent des passages entre la cime des arbres.

Plus tard, l’eau redescend, les feuilles des arbres reverdissent, et les hommes repartent chercher leurs moyens de subsistance dans cette nature généreuse. 300 000 tonnes de poissons sont pêchées chaque année dans le lac, d’innombrables variétés de poissons chats, des carpes, de petits poissons que l’on fument et que l’on appellent ici langue de chiens, des millions de crevettes d’eau douce, des escargots d’eau, des carpes…Ils sont marinés dans le sel ou dans la saumure, séchées ou réduit en pâte.

A Kompong Phhluk comme ailleurs sur les rives du lac, l’homme et l’eau ne font qu’un. Elle le nourrit, le lave et le rend heureux, dit on ici. « Regarde ce chien comme il est content de gambader, il est resté des mois enfermé dans la maison, comme nous ».

A la différence de tant de villages cambodgiens, Kompong Phhluk regorge de vitalité. Partout où porte le regard, on s’active, indifférent à l’étranger de passage : trieuse de crevettes, vendeuses de gaufres, fumeuses de poisson, jardiniers, menuisiers, livreur de glace, vendeuses de légumes.

La nuit y est aussi plus courte qu’ailleurs. Les moteurs de bateaux pétaradent dès 2 heures du matin, les coqs y perdent leur latin, les chiens se battent, un gamin se met à hurler, ses compères du quartier redoublent de pleurs, les moines entament leurs chants, il est déjà 5h.Trop tard pour se rendormir, les pêcheurs rentrent au village. Entre fumées et brumes, les gamins parcourent déjà l’allée centrale du village en riant.

Cambodge, Kompong Phhluk au petit matin©Krystel Maurice
Brumes sur le chenal de Kompong Phhluk, janvier 2010
Cambodge, Kompong Phhluk du haut des terrasses  ©Krystel Maurice
Kompong Phhluk et ses hautes terrasses construites au dessus du chenal pour y faire sécher les crevettes.
Orientées au soleil toute la journée et bien ventilées, ces installations sont plus efficaces que le séchage à même le sol.
Cambodge, Kompong Phhluk dans un enchevêtrement de bois©Krystel Maurice
Enchevêtrement de bois à Kompong Phhluk
Cambodge, Kompong Phhluk et ses hauts pilotis©Krystel Maurice
Cambodge, Kompong Phhluk, sur le chenal face au village©Krystel Maurice
Sur le chenal face au village
Cambodge, Kompong Phhluk, pêche du matin©Krystel Maurice
Pêche du matin
Cambodge, Kompong Phhluk, casiers à crevettes©Krystel Maurice
Casiers à crevettes
Cambodge, Kompong Phhluk, séchage de crevettes©Krystel Maurice
Le séchage des crevettes dans la rue principale de Kompong Phhluk. Cette activité est d’un assez bon rapport pour les familles.
Cambodge, Kompong Phhluk, séchage des crevettes©Krystel Maurice
Ce sont les femmes qui, chaque matin, installent les crevettes pour les faire sécher sur des tapis étendus dans la rue principale après les avoir bouillies. Elles sont remisées sous les maisons le soir venu afin de les protéger de l’humidité. Au total, trois ou quatre jours  de séchage sont nécessaires.
Cambodge, kompong Phhluk, machine à décortiquer les crevettes©Krystel Maurice
Une fois séchées, les crevettes sont décortiquées dans cette machine conçue comme un simple tambour.
Cambodge, Kompong Phhluk, tamisage des crevettes ©Krystel Maurice
Les crevettes sont ensuite tamisées et nettoyées de toutes impuretés.
Cambodge, Kompong Phhluk au fil de l'eau©Krystel Maurice
Au fil de l’eau
Cambodge,dans la forêt inondée de Kompong Phhluk ©Krystel Maurice
Balade dans la forêt inondée
Cambodge, forêt inondée de Kompong Phhluk ©Krystel Maurice

Comment se rendre à Kompong Phhluk ?

Le village est situé à une vingtaine de kilomètres de Siem Reap. Son accès est plus ou moins facile selon la saison.

Mais quelque soit la période, vous devrez, au minimum, combiner tuk-tuk et bateau.

A ces deux moyens de transport, il vous faudra en rajouter un troisième en saison sèche, les bateaux ne pouvant effectuer la totalité du trajet en raison du manque d’eau.
Vous abandonnerez donc votre tuk tuk au bout de la route carrossable et devrez ensuite louer les services d’un chauffeur de moto. Celui-ci vous conduira jusqu’au départ du bateau sur une piste ensablée en mauvais état.

Le prix du bateau dépend du trajet effectué. En janvier 2010, l’aller retour était de 15 USD par personne, de 25 USD pour deux.

Cambodge, chemin de Kompong Phhluk

Il est rarissime  qu’il pleuve sans discontinuer en saison sèche.
Ce fut pourtant le cas la veille. Alors forcément, la piste
d’accès qui menait à l’embarcadère fût … éprouvante.

Cambodge, la piste d'accès à  Kompong Phhluk

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